V. Olmi- "J'aimais mieux quand c'était toi..."

Publié le par Mél

V. Olmi- "J'aimais mieux quand c'était toi..."

Une lecture incroyable...

"Aller vers cet homme, ce n'était pas chercher le sens de la vie. Mais vivre l'état extreme de la vie. Et oublier tout ce que je savais. Tout ce que nous savions tout deux à notre âge. Tout ce que nous avions accumulé de désillusions, d'appréhensions et de faillites. Le besoin de se rejoindre plus fort que tout."

"Dans ces remous, ces mouvements lumineux qui se transmettaient de lui à moi, au milieu du brouhaha amical, de plus en plus éméché et détourné de nous deux, couple en formation, ébauche de souffrances à venir, dans ce sortilège qui a pour nom l'amour, je savais déjà. Le prix à payer."

"Nous avons fait. Et vécu cet amour. Je le nomme ainsi. Amour. Puisque dans ces instants au bord de la perte, nous avons donné et possédé ce que nous avions de plus cru et de plus sincère, de plus dangereux et de plus osé, l'intérieur de l'intérieur de nous-même...

Je le nomme ainsi. Amour. Parce que c'est le seul orgueil qui me reste, la seule chose que je suis arrivée à sauver de cette mise à mort mutuelle: la vérité de ce qui a été. Je le sais. J'y étais."

"Dans la confrontation des forces. Et l'aveu des faiblesses. Dans le prestige des sentiments et cette sexualité sans limite qui me rompait à moi-même et nous reliait ensemble. Dans notre amour qui, se vivant s'agonisait. S'imaginant se dérobait. Puisque c'est là que nous avions décidé de nous tenir, dans ce déséquilibre constant, cette appréhension de la rupture, anticipant la perte de l'autre, nous redoutions et espérions tout. Dans cette fuite hors du temps, ce fracas de violence et d'extase, nous aimions peut être les risques qui nous menaçaient.

Nous jouions serré. Avec la destruction. Et la fusion possible. C'était un temps extravagant.

Un temps où la dévoration physique de l'autre s'accompagnant de sa disparition possible. Un temps où les aveux les plus sincères étaient succeptibles de tomber dans l'oubli. Où le don semblait plus effrayant que le refus. Tout ce qui nourissait cet amour nous filait entre les doigts, comme si rien ne pouvait se bâtir, trop près du ciel. Pureté asphyxiante. Etouffement inévitable."

 
"Mais nous n'étions au-dessus de rien. Puisqu'après avoir fait l'amour tant de fois et avaec tant de désordre....nous nous sommes quittés. Quittés l'un, l'autre et quittés nous mêmes.
 
J'ai été le but. Le manque et le comblement. Le moteur et l'espoir. Le secours et le réveil. J'ai été celle que l'on choisit, que l'on attend, j'ai été une lumière aveuglante un corps indispensable un rafraîchissement une récréation un objet de jouissance un déchirement perpetuel un grain de sable un empêchement un gros problème un poids une tombe une sorcière une pierre autour du cou un sucide programmé. J'ai été l'impossible et le désastre.
 
Cet amour portait en lui la promesse de sa destruction, et nous nous sommes séparés, chacun emportant dans sa gueule la part de l'autre, un peu de sa chair et de son âme."
 
 

 

 

 

 

 

Publié dans Des mots...

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